La Sardina Ten & One

Cette année j’ai gagné un prix dans le grand concours annuel de Lomography, le Ten & One Photo Awards, grâce à ces deux photos, de Raphaëla Icguane et Marlène Kambourian. Chaque année, la marque édite un appareil à une centaine d’exemplaire pour les gagnants. Donc voici le La Sardina Ten & One avec son très chouette design maritime. Je vous en reparlerai plus lorsque j’aurai fini de le tester, mais ses caractéristiques sont les mêmes que sur le La Sardina Mobiüs avec lequel j’ai déjà fait pas mal de pellicules.

Il s’agit d’un petit point&shoot qui a la forme d’une boîte de sardine. Il est pourvue d’une lentille grand angle 22mm en mauvais plastique, avec des défauts différents sur chaque boîtier. Il est pourvu d’un bouton pour faire des expositions multiples. L’ouverture est fixe à f/8. Il a deux vitesses (1/100s et la pose longue), trois zones de mise au point (0.6 à 1 m et 1m à l’infini) et prise pour flash Fritz the Blitz. Sa forme a été inspiré du Kandor Candid datant de la fin des années 30, qui ressemblait également à une boîte de sardines.

Malgré sa qualité plus que moyenne, Mobiüs était le tout premier appareil argentique que je me suis acheté en 2012, c’est donc vraiment un appareil à part pour moi.

Petzval 58 Bokeh Control Lens

Pour le voyage en Laponie, Lomography m’avait passé du matériel, dont l’objectif Petzval 58 Bokeh Control, que la marque produit depuis 2015 (dont je vous parle déjà rapidement dans cet article).  Cet objectif a un look et un fonctionnement un peu particulier puisqu’il reprend l’objectif créé par le mathématicien et physicien Joseph Petzval durant la première moitié du XIXème siècle.

Il est donc en laiton, volumineux, lourd, la mise au point se règle à la molette, le flou artistique à l’aide d’une bague et quant à l’ouverture … il faut glisser des plaques métalliques avec des ouvertures différentes à l’intérieur (système Waterhouse stop). L’ouverture va de f/1.9 à f/16. Avec sa focale de 58mm, c’est un objectif qui est parfait pour les portraits, surtout dans un décor qui permet un beau flou artistique.

Il est compatible avec les montures Canon EF ou Nikon F. Il n’était alors pas possible de l’utiliser avec mon fidèle Canon AE-1 Program (monture FD), donc j’ai emprunté le Canon EOS 3000N de mon père, un des derniers Canon argentique, qui possède une monture EF.

Même si son poids peut rebuter légèrement et si le fait de devoir changer les plaques d’ouverture n’est vraiment pas pratique, j’ai adoré l’utiliser au quotidien. C’est un outil qui demande d’encore plus prendre son temps que d’habitude pour réaliser une image et il donne vraiment l’impression d’avoir une pièce historique dans les mains.

Voici quelques photographies prises au Petzval avec le Canon EOS 3000N en Finlande et Norvège. Les pellicules utilisées sont la Lomography Lomochrome Purple et la Lomography Lomochrome Turquoise :

Canon EOS 3000N, Petzval 58 Bokeh Control & films Lomography Lomochrome Purple + Lomography Lomochrome Turquoise

Kiev 60

Cet automne j’ai pu récupérer un Kiev 60, boîtier que je souhaitais tester depuis longtemps (et oui, toujours le plus d’appareils allemands et soviétiques please). Il s’agit d’une copie soviétique du Pentacon Six, produit entre 1984 et 1992 à Kiev. C’est un boîtier reflex qui s’utilise avec du format 120, pourvu de caractéristiques assez classiques pour un reflex (entièrement manuel, vitesses d’obturation allant de 1/1000s à 2s, un mode pose longue, une prise pour le flash, …). Je l’ai récupéré avec un objectif 80mm f/2.8, parfait pour les portraits. Apparemment il y a également un lightmeter couplé au viseur mais je ne l’utilise pas.

Comme le Pentacon Six, il est extrêmement lourd (1,9 kg tout de même avec son 80mm) et encombrant, et son mécanisme est assez capricieux. Il m’a fallu plusieurs pellicules de test pour comprendre qu’il faut tirer de façon rapide et énergique sur le levier d’armement pour éviter au maximum les superpositions. Et pour éviter de perdre les premières photos parce qu’en avançant peu le rouleau, les premières ne sont pas prises sur la pellicule (et impossible de vérifier à quel endroit du rouleau on est …). Une fois que l’avancement est bien maitriser, je sais qu’il est possible de faire 13 photos au lieu de 12 sur un rouleau 120 classique (technique brevetée par Romuleald 😉 ).

L’autre désavantage de ce système est qu’il empêche de faire facilement des double expositions comme avec un TLR : on est obligé d’armer pour déclencher. Du coup il reste possible de jouer là-dessus mais le résultat est encore plus aléatoire (comme sur les photos précédentes).

Pour les points positifs, c’est la première fois que je possède un argentique moyen format qui soit aussi un reflex, donc je maitrise enfin totalement le cadrage et la mise au point avec ce format. C’est ultra confortable et je suis contente des portraits que je peux produire avec. De plus, le bokeh du 80mm est vraiment chouette. Je peux enlever tout le viseur pour regarder directement dans le miroir : ça en fait vraiment un bel objet.

Pour le moment j’ai pu faire trois rouleaux avec, une Fujichrome Velvia 100 périmée et développée en traitement croisé, une Shanghai GP3 100 périmé (la monochrome qui vit très mal sa péremption) et une Lomography 400. Merci à Margot d’avoir une fois de plus fait le cobaye ;). D’ailleurs il m’en faut d’autres maintenant, je veux faire plein de portraits avec !

Ce Kiev correspond à tout ce que j’aime : un tank capricieux beaucoup trop lourd pour ma main droite avec un nom en cyrillique, un système reflex qui prend du moyen format et un bokeh bien marqué. Par contre je ne le recommanderais certainement pas à un novice. Surtout que les prix ont bien grimpé pour un appareil de ce genre. Autant mettre un peu plus d’argent et acheter un Bronica ou un Hasselblad.