Amphibia & Reptilia

En général je vous parle de mammifères ou d’oiseaux parce que j’en ai beaucoup et que c’est ce que je connais le mieux, mais aujourd’hui je vais vous montrer du reptile et de l’amphibien avec quelques pièces que l’ont m’a prêtées.

Tout comme les mammifères et les oiseaux, les Amphibia (grenouilles, crapauds, salamandres, …) et les Reptilia (serpents, crocodiles, …) sont des Tétrapodes : une Super-Classe dans la classification des espèces qui se caractérise entre autre par la présence de membres locomoteurs. Ces membres sont articulés et donc divisés en plusieurs parties : le stylopode (la partie la plus proximale, humérus/fémur) ; le zeugopode (la partie intermédiaire, radius ulna/tibia fibula) et l’autopode (la partie la plus distale, carpes métacarpes/tarses métatarses & phalanges). Ce schéma général a été modifié au fil de l’évolution chez certains groupes d’espèces en fonction de leur mode de locomotion. Au niveau osseux, les Tétrapodes sont également caractérisés par une première vertèbre cervicale qui se spécialise en Atlas (elle perd son corps vertébral au profit de deux parties latérales qui ont chacune une surface articulaire).

Les Amphibia sont une classe regroupant la plupart des espèces Tétrapodes n’ayant pas de sac amniotique pour protéger l’embryon (qu’il s’agisse d’utérus ou d’œuf à coquille dure). Ils ont besoin d’un milieu aquatique pour se reproduire. Il existe trois Ordres d’Amphibia : les Anura, les Caudata et les Gymnophiona.

Les Reptilia forment une Classe paraphylétique : elle ne regroupe pas tous les groupes descendants d’un même ancêtre commun. Au sens traditionnel, les Reptilia sont constitués de quatre Ordres : les Crocodylia (crocodiles, alligators, …), les Testudines (tortues), les Squamata (serpents, lézards, …) et les Rhynchocephalia (sphénodons). Il manque les oiseaux, évolutivement plus proches des Crocodylia par exemple, que les Crocodylia ne le sont des Testudines, d’après certaines caractéristiques morphologiques et génétiques.
Il est évolutivement plus correct de parler aujourd’hui de la Classe des Sauropsida qui regroupe à la fois les oiseaux et les différents ordres des Reptilia.

Après ce pavé indigeste, pourquoi mélanger dans ce post les Amphibia avec une partie des Sauropsida ? Parce que l’herpétologie. C’est la branche traditionnelle des sciences naturelles qui regroupe ces espèces en fait.

On commence avec les Anura, espèces d’Amphibia dont la queue
disparait au passage des immatures à l’âge adulte. J’ai nettoyé un squelette d’Anura, celui d’une grenouille rieuse
(Pelophylax ridibundus). Comme la plupart des Amphibia, le crâne n’est pas tout à fait soudé, et tout est d’une taille telle que je n’ai pas eu le courage de l’assembler. Voici les os de son crâne :

Les maxillaires, avec des dents en grand nombre et qui présentent toutes la même forme (les Anura n’ont en revanche pas de dents sur la partie inférieure de la bouche) :

Les vertèbres, qui ne sont au nombre que d’une dizaine (il n’y a pas de vertèbre lombaire). Après le sacrum, une grande vertèbre correspondant à la fusion des vertèbres caudales termine la colonne vertébrale, on l’appelle urostyle.

Les os des membres antérieurs (on reconnait vaguement certaines formes mais on est bien éloigné des os de mammifères) :

Les os des membres postérieurs :

On voit bien avec ce tibio-fibula que les Anura ont des os creux, ce qui les rend très légers :

Les phalanges sont petites, fines et allongées et possèdent toute la même forme :

Voici une momie de crapaud du genre Bufo. On voit bien que le crâne est large et aplati :

Et là on peut voir deux os du coxal qui entourent l’urostyle :

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Concernant les Sauropsida, je ne parlais que des Testudines et des Squamata (parce que je n’ai que ça à vous montrer 😉 ).

Les Testudines sont caractérisées par leur carapace. Au niveau du crâne, elles n’ont pas de dents mais un bec : l’os est recouvert d’une couche cornée qui rend la mâchoire tranchante. On le voit bien sur ce spécimen de tortue terrestre, la tortue serpentine (Chelydra serpentina). C’est une espèce particulièrement imposante (elles peuvent faire jusqu’à 30kg).

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Deux tortues serpentines (une sans bec corné et une avec) accompagnées d’une plus petite tortue dulçaquicole, la tortue peinte (Chrysemys picta). Les tortues serpentines ont une mâchoire bien plus puissante, ce qu’on voit à la longueur de la crête supraoccipitale (la languette à l’arrière du crâne), où s’attachent les muscles rattachant la tête au cou.

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Les Squamata sont caractérisés par un changement régulier de peau, ils muent. Dans la Famille des Colubridae, voici une couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) :

Des vertèbres et côtes d’un individu plus petit de la même espèce :

Le crâne, incomplet (comme pour la grenouille, les os ne sont pas soudés) :

A gauche des vertèbres d’une couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus) et à droite d’une couleuvre verte et jaune. On est sur deux gabarits bien différents :

Comparaison entre une vertèbre de couleuvre de Montpellier et une vertèbre de chien (à gauche). Leur morphologie est relativement différente :

D’autres espèces de Colubridae : serpent taureau (Pituophis catenifer), serpent laitier du Honduras (Lampropeltis triangulum hondurensis – spécimen albinos) et Pantherophis sp.

Dans la Famille des Viperidae, voici un crotale (crotalus sp.) :

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Toujours dans les Squamata, il existe le Sous-Ordre des Sauria avec les lézards au sens large, dans lequel on trouve par exemple la Famille des gekkonidae avec ce Tropiocolotes steudneri :

Une autre Famille de geckos, les Phyllodactylidae avec la tarente de maurétanie
(Tarentola mauritanica) :

Ils ont des lamelles adhésives sous les doigts, qui leurs permettent de se fixer sur n’importe quelle surface :

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Toujours dans les Sauria, la famille des Lacertidae avec le lézard des murailles (Podarcis muralis) :

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Et pour finir la Famille des Anguidae, caractérisée par une absence de membres ou des membres réduits, avec l’orvet commun (Anguis fragilis) :

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Vertebrata

Un nouveau post Vertebrata, avec quelques curiosités qui me sont passées entre les mains ces derniers mois!

Un squelette incomplet de très jeune canard colvert (Anas platyrhynchos). Les extrémités de ses os ne sont pas du tout soudées, vous pouvez voir sur la seconde photo une comparaison avec des os d’oiseaux adultes. Le crâne n’est pas soudé à cet âge là et l’on reconnait bien les os qui forment le bec :

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Des tarses (os de la cheville) de bovin :

Des crânes de petits mustelidae sous cloche :

Détail d’une patte de corneille noire (Corvus corone) (j’ai trouvé tout le bas du corps d’une corneille parfaitement momifié dans les bois) :

Un crâne de congre commun (Conger conger) que j’ai mis plusieurs années à dégraisser et que je tente de remonter :

Une vertèbre fossile de mammifère marin provenant des USA et une vertèbre d’actuel, trouvée par un ami sur une plage telle quelle :

Un squelette incomplet de très jeune pigeon biset (Columba livia). Le crâne est comparé avec celui d’un pigeon adulte :

L’arrière d’un crâne de phoque commun (Phoca vitulina) accompagné des deux premières vertèbres (à gauche) trouvé sur Ebay UK pour 3 livres :

Et pour finir un jeune aiguillat (Squalus acanthias) avec son sac vitellin de taille bien réduite (le sac vitellin le nourrit avant qu’il soit capable de le faire seul) :

Felis catus

Je n’ai pas pu poster sur de l’ostéo ou de la bio depuis février, mais j’ai bien envie de vous refaire quelques posts sur le sujet, et donc quoi de mieux que de commencer en vous montrant les dernières pièces que j’ai acquises ou préparées avec des chats. Comme toujours, je déconseille aux gens sensibles de dérouler ce post.

Vue d’ensemble de dix ans d’accumulation pour cette seule espèce :

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Deux fœtus à différents stades de développement :

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Un nouveau spécimen en alcool, mort rapidement après la naissance (à gauche – merci Valentine) :

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Un crâne, trouvé après une crue du Lez (j’avais déjà trouvé un crâne d’immature dans les mêmes conditions, que je vous avais présenté dans un post en 2014) :

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Depuis le dernier squelette que j’ai nettoyé et que je vous ai montré en 2013 (!!!), j’en ai nettoyé six autres, que je vais vous présenter rapidement.

#1:

Il s’agit d’un chat pas tout à fait adulte, trouvé tel quel en bord de route. Je n’ai rien de particulier à dire/montrer sur celui-ci à part une omoplate fracturée.

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#2:

Il s’agit d’un jeune adulte mâle, trouvé tué sur la route frais que j’ai nettoyé (trouvé bien sur sans puce, sans tatouage, non castré et aucune trace de lui sur les sites d’annonces d’animaux perdus). C’est un chouette spécimen qui n’a rien de particulier non plus, à part une côte tordue (en gros plan plus bas). Un bout du bassin est brisé.

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#3:

Il s’agit d’un mâle adulte, trouvé tué sur la route presque momifié que j’ai
nettoyé (encore une fois trouvé sans puce, sans tatouage, non castré, dans une zone industrielle et aucune
trace de lui sur les sites d’annonces d’animaux perdus). Des photos du remontage :

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Le crâne a littéralement explosé sous le choc avec un véhicule :

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D’autres os ont été abimés : une omoplate est fracturée, bassin brisé, etc. Les os de ses membres sont particulièrement courts :

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J’ai réussi à ne pas perdre toutes les parties du hyoïde au nettoyage :

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Certains cartilages costaux ce sont ossifiés :

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Toutes les dents supérieures droites de devant ont été brisées (durant le choc ?) :

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La dernière vertèbre lombaire est soudée avec le sacrum à droite (à gauche, comparaison avec les vertèbres d’un autre spécimen) :

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#4:

Il s’agit d’une femelle adulte trouvée avec le spécimen précédent (mêmes conditions donc). Ce squelette a quelques petites particularités, dont une vertèbre lombaire en moins que les autres. Le bassin est soudé, ce qui montre, comme d’autres marqueurs, que cet animal avait déjà un certain âge.

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Les petites tâches sur le crâne ont été laissées par des larves de dermestes. La canine inférieure gauche a été brisée :

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J’ai encore une fois réussi à ne pas perdre toutes les parties du hyoïde et les mini clavicules au nettoyage :

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Un fragment d’os mystère :

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Une petit patho osseuse au niveau des phalanges du doigt IV la patte avant droite :

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Et du premier métacarpe (celui tout à droite sur la photo) :

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Une vertèbre de la queue a été cassée durant la vie de l’animal et ne s’est pas ressoudée :

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Encore une petite patho sur l’extrémité d’une côte (celle la plus à droite) :

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Une couche de tartre scandaleuse sur cette prémolaire :

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#5:

Un spécimen assez jeune trouvé sous forme de squelette sur une route de campagne. Il a beaucoup de dommages au niveau osseux : crâne, vertèbre, fémur, bassin, humérus, etc.

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#6:

Un dernier spécimen, adulte, trouvé tué sur la route dans un état plus très frais, que j’ai
nettoyé (encore une fois trouvé sans puce, sans tatouage et aucune
trace de lui sur les sites d’annonces d’animaux perdus). Seul le crâne est brisé, il a du se faire percuter au niveau de la tête.

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Alcedo atthis

J’ai très peu posté sur l’ostéologie et la biologie ces deux dernières années, en partie parce qu’il s’agissait souvent de gros posts qui demandaient beaucoup de temps, et j’ai bien envie cette année de m’y remettre petit à petit un peu plus. J’ai pas mal de choses à montrer, et j’aimerais bien pouvoir le faire à un rythme d’un ou deux posts par mois.


Aujourd’hui je commence doucement avec cette taxidermie du XIXe siècle de martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis). Il s’agit d’un petit oiseau de l’ordre des Coraciiformes (dont l’étymologie veut dire « comme les corbeaux » , alors que ces derniers font partie de l’ordre des Passeriformes), de la famille des Alcedinidae (oiseaux de plutôt petite taille, au plumage vif et au bec long et fin) et de la sous-famille des Alcedininae (uniquement les martins-pêcheurs). Ce dernier terme provient d’un oiseau légendaire de la mythologie grecque, nommé Alcyon.


Cet oiseau fait environ 16 cm du bec à la queue, pour 40g. Son plumage est turquoise sur le dessus, blanc sous la gorge et roux sur le ventre et les flanc. Il existe sept sous-espèces, dont l’intensité des couleurs du plumage varie. Ce spécimen a le plumage assez terne car il s’agit d’un immature (mais pas loin de la maturité quand même). En effet les juvéniles ont un plumage plus terne que les adultes et les pattes noires (ce qu’à cet individu), tandis que les matures ont les pattes oranges/rouges.


On peut facilement différencier un mâle d’une femelle à la couleur du bec : foncé chez le mâle et il est orange-rouge sur sa partie inférieure chez la femelle. Celui-ci est donc un mâle.


Farouche, c’est une espèce qu’on a du mal à croiser. Elle vit aux abords de plans d’eau peu profonds car elle se nourrit principalement de poissons, mais aussi parfois d’autres types de proies (insectes, crustacés …). Pour repérer ses proies, elle a besoin d’une eau suffisamment claire, ce qui en fait un bon indicateur de pollution. En effet, lorsque l’eau devient trop polluée, le martin-pêcheur déserte son habitat.


Dans la famille des Alcedinidae, voici également un crâne de martin-chasseur de Java (Halcyon cyanoventris), oiseau d’Asie un peu plus imposant (environ 10 cm de plus). Il fait par contre partie de la sous-famille des Halcyoninae (uniquement les martins-chasseurs). Entre ces deux sous-familles on a donc une différence de régime alimentaire (plutôt poissons pour l’une et proies terrestres pour l’autre) et donc de particularités morphologiques adaptées à cela ; notamment le bec. Il est proportionnellement plus fin et plus long chez le martin-pêcheur, donc plus aérodynamique : cela lui permet de plonger dans l’eau pour chasser ses proies sans perdre trop de vitesse (particularité dont n’a pas besoin de le martin-chasseur). D’ailleurs la forme du bec du martin-pêcheur a servi de modèle pour la construction d’un TGV nippon.