Je ne comprends pas comment on peut laisser le droit aux gens de travestir des histoires à ce point.
D'accord, Tim Burton le fait aussi, mais lui arrive à donner une dimension totalement inédite et magique aux histoires qu'il utilise. On peut prendre l'exemple de Sleepy Hollow où il a totalement transformé le personnage principal, Ichabod Crane, qui était initalement dans le nouvelle de Washington Irving un instituteur couard qui ne tarde pas à perdre la tête. On pourrait sans doute aussi citer l'exemple de Sweeney Todd, mais n'en sachant pas beaucoup sur l'histoire vraie, je vais éviter de disserter là dessus.

Mais je vais revenir au sujet principal.
La sortie de Je suis une légende.
A l'origine, un roman de Richard Matheson, géni de la nouvelle fantastique, écrit en 1954.

Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu'aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.

Richard Matheson a créé un nouveau monde très hiérarchisé : les vampires, nouvelle société, nouvelle espèce dominante ; les zombies, dénués d'intelligence, des chiens ; et puis les hommes, ou plutôt le dernier, Neville, la menace. Et pour que la nouvelle race puisse s'épanouir, il faut éliminer cette menace, la peur. Les valeurs sont boulversée, c'est maintenant dans l'ordre des choses.

Robert Neville considéra le nouveau peuple de la Terre. Il savait qu'il n'en faisait pas partie. De même que les vampires, il était pour eux une abomination.

La boucle est bouclée, songea-t-il (...) Une nouvelle terreur a émergée de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l'éternité.
Je suis une légende.


La fin est parfaite. Je n'ai rarement lu du fantastique aussi bien écrit, avec autant d'originalité et avec une fin prenant tout son sens (là je ne peux pas m'empêcher de penser au Dracula de Bram Stocker, le suspence dure 600 pages et tout d'un coup, boum boum boum, Dracula est tué en deux lignes et demi, sans soucis, ...). Je suis une légende a d'ailleurs été qualifié de chef d'oeuvre vampirique moderne dans l'ouvrage Loups-garous, vampires et autres monstres de Jean Goens.

Quant au film, je ne l'ai pas vu, mais d'après ce qu'on m'en a dit, où sont passés les vampires ? Neville n'est plus ici un rescapé névrosé en proie à la solitude qui tue ses anciens voisins le jour, mais un super héros qui joue au golf et fait de la gonflette. Et où est passée la fin de l'humanité ? Tout à été changé, mais en pire, je ne vois même pas l'interêt d'avoir gardé le même titre. Le scénariste a quand même eu assez de bon sens pour tuer Will Smith. Et dire que j'attendais cette sortie depuis 3 ans ... mais tant pis, je me vengerais sur l'adaptation de 1970 avec Charlton Heston que mon père m'a enregistré l'autre jour.

Pour les énervés des films comme moi en ce moment qui boudent la télé, petite sélection de romans vampiriques parmis ceux que j'ai lu :

  • Je suis une légende, Richard Matheson
  • Tous les tomes de Chroniques de vampires, Anne Rice
  • Dracula, Bram Stocker
  • Carmilla, Shéridan Le Fanu
  • Salem, Stephen King

D'ailleurs, je compte bien réaliser quelques accessoires autour de ce thème quand j'aurais du temps, pour la Boite a monstres, avec illustrations du genre, fioles avec du faux sang, ...

(Et oui, encore un post de no life, qui ne vit que pour la thermodynamique, les anomalies génétiques et le cycle apoptotique ...)