{"id":667,"date":"2015-06-11T12:06:00","date_gmt":"2015-06-11T12:06:00","guid":{"rendered":""},"modified":"2015-06-11T12:06:00","modified_gmt":"2015-06-11T12:06:00","slug":"667","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/667\/","title":{"rendered":"Cervidae"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae01.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, parlons des <em>Cervidae<\/em> (enfin), famille de mammif\u00e8res ruminants \u00e0 bois plus ou moins grands, dont le renne fait partie.<\/p>\n<p>Les <em>Cervidae<\/em> font partie de l&#8217;ordre des <em>Cetartiodactyla<\/em>. On peut encore voir <q>ordre des <em>Artiodactyla<\/em><\/q> sur <em>Wikipedia<\/em> mais ce taxon est aujourd&#8217;hui d\u00e9suet&nbsp;: comme il est maintenant prouv\u00e9 \u00e0 partir d&#8217;analyses g\u00e9n\u00e9tiques que les <em>Cetacea<\/em> (mammif\u00e8res marins autres que les <a href=\"\/blog\/667\">Pinnip\u00e8des<\/a>) sont plus proches des <em>Hippopotamidae<\/em> (les hippopotames) &#8211; qui sont des <em>Artiodactyla<\/em> &#8211; que n&#8217;importe quel autre taxon, on parle donc de <em>Cetartiodactyla<\/em> pour y englober les <em>Cetacea<\/em> (je me rends compte que je parlais d<em>&#8216;Artiodactyla<\/em> dans mes posts sur le b\u0153uf et la ch\u00e8vre naine l&#8217;\u00e9t\u00e9 dernier, j&#8217;ai honte). Dans l&#8217;\u00e9dition de 2001 de la <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2701142733\/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2701142733&amp;linkCode=as2&amp;tag=lafillrenn-21&amp;linkId=4WMPJYBS2MFGXX55\">Classification phylog\u00e9n\u00e9tique du vivant<\/a><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/ir-fr.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lafillrenn-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2701142733\" alt=\"\" style=\"border:none !important; margin:0 !important;\" border=\"0\" width=\"1\" height=\"1\" \/><br \/>\nde Lecointre et Le Guyader, on parle bien de <em>Cetartiodactyla<\/em> (avec <em>Ruminantia, Tylopoda, Suiformes, Hippopothamidae<\/em> et <em>Cetacea<\/em>). <em>Artiodactyla<\/em> est donc un taxon paraphyl\u00e9tique (groupe qui comprend un anc\u00eatre commun mais pas tous ces descendants).<\/p>\n<p>Pour rappel, un taxon est une unit\u00e9 de la classification des esp\u00e8ces vivantes, comme un ordre, une famille, etc. Les arbres phylog\u00e9n\u00e9tiques permettent de classifier le monde du vivant et je vais vous montrer des arbres qui respectent le syst\u00e8me des clades. Un clade est un taxon monophyl\u00e9tique, c&#8217;est-\u00e0-dire que les esp\u00e8ces qu&#8217;il rassemble descendent d&#8217;un m\u00eame anc\u00eatre commun (une esp\u00e8ce dont ils ont \u00e9volu\u00e9) qui leur est propre. Les n\u0153uds et la construction de l&#8217;arbre indiquent alors les degr\u00e9s de parent\u00e9 entre chaque clade, c&#8217;est-\u00e0-dire leurs relations de &#8220;cousinage&#8221;. Cela permet de classer les esp\u00e8ces vivantes. On peut faire appara\u00eetre les informations que l&#8217;on souhaite dans un arbre phylog\u00e9n\u00e9tique&nbsp;: on peut d\u00e9tailler chaque clade jusqu&#8217;aux esp\u00e8ces, s&#8217;arr\u00eater aux familles comme ici, ou aux genres, etc.<\/p>\n<p>Il existe d&#8217;autres syst\u00e8mes et certains permettent de prendre en compte les taxons polyphyl\u00e9tiques. Ceux-ci sont des taxons qui regroupent des esp\u00e8ces dont leurs ressemblances sont dues \u00e0 une convergence \u00e9volutive et non \u00e0 un h\u00e9ritage provenant d&#8217;un anc\u00eatre commun. Par exemple tous les mammif\u00e8res marins forment un taxon polyphyl\u00e9tique puisqu&#8217;ils ont converg\u00e9 vers l&#8217;adaptation au milieu marin, mais n&#8217;ont pas tous le m\u00eame anc\u00eatre commun (les baleines sont tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s des otaries par exemple) et n&#8217;ont donc pas tous \u00e9volu\u00e9s de la m\u00eame fa\u00e7on pour avoir cette caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>Et donc tout \u00e7a pour dire que j&#8217;utilise le syst\u00e8me des clades (la cladistique) car il permet de mettre en avant l&#8217;\u00e9volution des esp\u00e8ces et des diff\u00e9rents taxons.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/Artiodactyl.gif\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Arbre phylog\u00e9n\u00e9tique des Cetartiodactyla \u00a9 Brent Huffman, <a href=\"www.ultimateungulate.com\">www.ultimateungulate.com<\/a><\/em><\/p>\n<p>Ci-dessus, vous pouvez voir un arbre phylog\u00e9n\u00e9tique de l&#8217;ordre des <em>Cetartiodactyla<\/em>. Il montre aussi \u00e0 droite, le sous-ordre des <em>Ruminantia<\/em>, et c&#8217;est justement dans ce sous-ordre que sont class\u00e9s les <em>Cervidae<\/em>.<\/p>\n<p>Chaque clade a des caract\u00e8res d\u00e9riv\u00e9s propres (je pense que le nom est assez explicite). Toujours d\u2019apr\u00e8s Lecointre et Le Guyader, pour les <em>Cetarciodactyla<\/em>, il s&#8217;agit par exemple d&#8217;un nombre de doigts pair sur les pattes. Le corps repose donc sur les doigts III et IV, puisque leurs anc\u00eatres ont perdu les I, II et V au cours de l\u2019\u00e9volution. Pour ce caract\u00e8re, on les oppose \u00e0 l&#8217;ordre des <em>Perissodactyla<\/em> (comme les <em>Rhinocerotidae<\/em> ou les <em>Equidae<\/em>) qui ont un nombre impair de doigts. Les <em>Cetartiodactyla<\/em> ont d\u2019autres caract\u00e8res d\u00e9riv\u00e9s propres, comme le talus avec une double poulie ou certaines particularit\u00e9s g\u00e9n\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Au niveau des <em>Ruminantia<\/em>, il y a par exemple le fait que l\u2019estomac comporte quatre poches (l\u2019humain n\u2019en a qu\u2019une), pour pouvoir ruminer. Dans les <em>Ruminantia<\/em>, les <em>Cervidae<\/em> font partie de l&#8217;infra-ordre des <em>Pecora<\/em>, dont le caract\u00e8re principal est la pr\u00e9sence d&#8217;excroissances sur le cr\u00e2ne (parfois chez un seul sexe, parfois chez les deux). Cet infra-ordre comprend \u00e9galement les <em>Antilocapridae<\/em>, les <em>Bovidae<\/em> (qui portent des cornes avec une enveloppe de k\u00e9ratine) les <em>Giraffoidea<\/em> (qui portent des ossic\u00f4nes) et les <em>Moschidae<\/em> (qui portent des canines transform\u00e9es en d\u00e9fenses). Les <em>Tragulina<\/em> (chevrotains), sont l&#8217;autre infra-ordre des <em>Ruminantia<\/em>, avec une famille unique, les <em>Tragulidae<\/em>, qui n&#8217;ont donc pas d&#8217;excroissances sur le cr\u00e2ne (\u00e7a devient compliqu\u00e9, mais je vous laisse vous r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la figure ci-dessus).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/Cervidae.gif\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Arbre phylog\u00e9n\u00e9tique des Cervidae \u00a9 Brent Huffman, <a href=\"www.ultimateungulate.com\">www.ultimateungulate.com<\/a><\/em><\/p>\n<p>Ci-dessus, vous pouvez voir un arbre phylog\u00e9n\u00e9tique de la famille des <em>Cervidae<\/em>, qui se limite aux trois sous-familles. Leur caract\u00e8re d\u00e9riv\u00e9 propre est la pr\u00e9sence de bois, organes osseux que les m\u00e2les portent sur le cr\u00e2ne et qui tombent chaque ann\u00e9e, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019hydropote (<em>Hydropotes inermis<\/em>), qui n\u2019en a pas (caract\u00e8re que ses anc\u00eatres plus proches ont d\u00fb perdre au cours de l\u2019\u00e9volution). Une quarantaine d&#8217;esp\u00e8ces font partie de cette famille. Les trois sous-familles, comme la figure l&#8217;indique sont les <em>Capreolinae<\/em>, les <em>Cervinae<\/em> et les <em>Hydropotinae<\/em>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/antlers.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Diff\u00e9rents bois de Chevreuil europ\u00e9en (Capreolus capreolus).<\/em><\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e les bois poussent sur le cr\u00e2ne, un peu plus grands \u00e0 chaque fois. Sa croissance est stimul\u00e9e par la production de testost\u00e9rone et rendue possible gr\u00e2ce au velours. Le velours est une mince couche de peau couverte de poils tr\u00e8s doux et tr\u00e8s irrigu\u00e9e, qui permet de nourrir le bois durant sa croissance. Lorsque les bois atteignent leur taille d\u00e9finitive, le velours tombe, sanguinolent, pour r\u00e9v\u00e9ler l\u2019os des bois, alors mort puisque plus qu&#8217;il n&#8217;est plus irrigu\u00e9.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae08.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Bois en velours de chevreuil europ\u00e9en (Merci <a href=\"http:\/\/tributeto.tumblr.com\/\">Emeline<\/a> !).<\/em><\/p>\n<p>La taille et la bonne formation des bois sont li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e2ge, l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 et de stress de l\u2019animal et la disponibilit\u00e9 en nourriture. Parfois on peut voir des bois difformes, hypotrophi\u00e9s, ou monstrueux et hypertrophi\u00e9s, suite \u00e0 de grandes p\u00e9riodes de stress ou de d\u00e9tresse de l\u2019animal, ou \u00e0 des probl\u00e8mes hormonaux.<\/p>\n<p>Il y a un chapitre tr\u00e8s int\u00e9ressant sur l&#8217;\u00e9volution, la s\u00e9lection sexuelle et la fonction des bois dans <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2915173281\/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2915173281&amp;linkCode=as2&amp;tag=lafillrenn-21&amp;linkId=EVKY3NSI6N3I7V77\">Evolution<\/a><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/ir-fr.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lafillrenn-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2915173281\" alt=\"\" style=\"border:none !important; margin:0 !important;\" border=\"0\" width=\"1\" height=\"1\" \/> de De Panafieu. Vous pouvez aussi trouver des articles de Stephen Jay Gould sur la taille des bois du m\u00e9galoc\u00e9ros et la cause de l&#8217;extinction de cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Pour revenir deux minutes sur les autres <em>Pecora<\/em>, qui portent des cornes et des ossic\u00f4nes, je voulais insister rapidement sur les diff\u00e9rences entre ces appendices. Les bois sont des organes osseux tr\u00e8s denses, qui poussent, meurent et tombent chaque ann\u00e9e. Les cornes sont des bases osseuses tr\u00e8s poreuses que l&#8217;animal porte toute sa vie, que l&#8217;on appelle \u00e9galement cheville osseuse et qui sont recouvertes d&#8217;une couche de k\u00e9ratine (prot\u00e9ine qui constitue en grande partie les cheveux, poils, ongles). Les ossic\u00f4nes des <em>Giraffidae<\/em> sont \u00e9galement des bases osseuses, mais recouvertes en permanences de peau et de poils.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/Capreolinae.gif\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Arbre phylog\u00e9n\u00e9tique des Capreolinae \u00a9 Brent Huffman, <a href=\"www.ultimateungulate.com\">www.ultimateungulate.com<\/a><\/em><\/p>\n<p>Ci-dessus, vous pouvez voir un arbre phylog\u00e9n\u00e9tique de la sous-famille des <em>Capreolinae<\/em> avec toutes ses esp\u00e8ces. Ce clade est caract\u00e9ris\u00e9 par la pr\u00e9sence de m\u00e9tacarpes II et V vestigiaux (ils sont tr\u00e8s r\u00e9duits, et ne peuvent conserver leur utilit\u00e9 premi\u00e8re, ce sont donc des vestiges), pr\u00e9sents contre la partie distale des m\u00e9tacarpes III et IV (qui ont d&#8217;ailleurs fusionn\u00e9s en un seul os). Les m\u00e9tacarpes sont les os qui font la jonction entre poignet et doigts, et comme chez les <em>Cervidae<\/em> ne restent que les III et IV. On a donc deux mini-doigts avec des mini-sabots pr\u00e9sents sur la partie basse des m\u00e9tacarpes III et IV, juste au-dessus des doigts.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae14.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Voici une patte avant droite de chevreuil europ\u00e9en (<em>Capreolus capreolus<\/em> &#8211; merci <a href=\"http:\/\/tributeto.tumblr.com\/\">\u00c9meline<\/a> bis). Cette esp\u00e8ce fait partie des <em>Capreolinae<\/em> car ses m\u00e9tacarpes vestigiaux se situent contre la partie distale des autres m\u00e9tacarpes.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/Cervinae.gif\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Arbre phylog\u00e9n\u00e9tique des Cervinae \u00a9 Brent Huffman, <a href=\"www.ultimateungulate.com\">www.ultimateungulate.com<\/a><\/em><\/p>\n<p>Ci-dessus, vous pouvez voir un arbre phylog\u00e9n\u00e9tique de la sous-famille des <em>Cervinae<\/em> avec toutes ses esp\u00e8ces. Ce clade est caract\u00e9ris\u00e9 par la pr\u00e9sence de m\u00e9tacarpes II et V vestigiaux, pr\u00e9sents contre la partie proximale cette fois des m\u00e9tacarpes III et IV. On a donc deux mini-doigts avec des mini-sabots pr\u00e9sents sur la partie haute des m\u00e9tacarpes III et IV, juste au-dessous du poignet.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/Hydropotinae.gif\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Arbre phylog\u00e9n\u00e9tique des Hydropotinae \u00a9 Brent Huffman, <a href=\"www.ultimateungulate.com\">www.ultimateungulate.com<\/a><\/em><\/p>\n<p>La sous-famille des <em>Hydropotinae<\/em> n&#8217;est repr\u00e9sent\u00e9e que par une esp\u00e8ce, l&#8217;hydropote (<em>Hydropotes inermis<\/em>). Comme je l&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e, sa particularit\u00e9 est de ne pas avoir de bois. J&#8217;imagine qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un caract\u00e8re que ses anc\u00eatres plus proches ont d\u00fb perdre au cours de l\u2019\u00e9volution.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae13.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Je vous ai fait un bout d&#8217;arbre r\u00e9capitulatif de l&#8217;ordre des <em>Cetartiodactyla<\/em> jusqu&#8217;aux sous-familles de <em>Cervidae<\/em>, avec les caract\u00e8res d\u00e9riv\u00e9s propres et\/ou principales caract\u00e9ristiques (je ne suis pas s\u00fbre que tous soient des caract\u00e8res d\u00e9riv\u00e9s propres, notamment au niveau des sous-familles).<\/p>\n<p>On peut trouver les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de <em>Cervidae<\/em> dans des climats et biotopes tr\u00e8s diff\u00e9rents. Ces esp\u00e8ces ont une organisation sociale, avec une hi\u00e9rarchie corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la taille des animaux. Vous pouvez retrouver beaucoup d&#8217;informations g\u00e9n\u00e9rales sur cette famille, puis par esp\u00e8ces sur le site <a href=\"http:\/\/animaldiversity.org\/accounts\/Cervidae\/\">animaldiversity<\/a> (morphologie, r\u00e9partition, comportement, leur r\u00f4le dans leurs \u00e9cosyst\u00e8mes, etc).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae01.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Voici deux cr\u00e2nes de m\u00e2les que j&#8217;ai \u00e0 vous montrer, un de chevreuil europ\u00e9en (<em>Capreolus capreolus<\/em>) \u00e0 gauche (merci Nicolas), malheureusement partiel, et un d&#8217;hydropote (<em>Hydropotes inermis<\/em>) justement.<\/p>\n<p>Le chevreuil europ\u00e9en est un <em>Cervidae<\/em> de taille moyenne (65-75 cm de hauteur au garrot, 16-32 kg) qui se r\u00e9partit dans quasiment toute l\u2019Europe. C\u2019est un <em>Cervidae<\/em> \u00ab&nbsp;typique \u00bb, sans canine sup\u00e9rieur et avec des bois, uniquement chez le m\u00e2le. Ceux-ci font jusqu\u2019\u00e0 26 cm de long, ils sont petits, rectilignes, avec faible nombre de pointes.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae02.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>L\u2019hydropote est une petite esp\u00e8ce (45-55 cm au garrot, 9-14 kg) qu\u2019on trouve en Chine, Cor\u00e9e du Sud et du Nord. Il existe \u00e9galement une petite population en Angleterre (le mien vient de l\u00e0) et une dans le Limousin.  Au niveau du cr\u00e2ne, ses particularit\u00e9s sont qu\u2019il n\u2019a pas de bois (c\u2019est donc la seule esp\u00e8ce de <em>Cervidae<\/em> sans), il a des canines sup\u00e9rieures, et celles-ci sont transform\u00e9es en d\u00e9fenses chez les m\u00e2les. Elles ont le m\u00eame r\u00f4le que les bois, \u00e0 savoir qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un caract\u00e8re sexuel secondaire, puisque les m\u00e2les se battent et se d\u00e9fendent avec durant la p\u00e9riode o\u00f9 ils rentrent en comp\u00e9tition pour la reproduction.<\/p>\n<p>En France, mise \u00e0 part ces deux esp\u00e8ces, on trouve \u00e9galement le daim europ\u00e9en (<em>Dama dama<\/em>) qui s\u2019y fait tr\u00e8s discret (pour les lyonnais il y a une grande population au Parc de la T\u00eate d\u2019Or), le cerf \u00e9laphe (<em>Cervus elaphus<\/em>) et le cerf sika (<em>Cervus nippon<\/em>, introduit en petites populations \u00e0 quelques endroits \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae15.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Sur les cr\u00e2nes de <em>Cervidae<\/em>, on peut voir des adaptions morphologiques li\u00e9es \u00e0 leur r\u00e9gime alimentaire herbivore. Ils n\u2019ont pas d\u2019incisives ou canines sup\u00e9rieures et les v\u00e9g\u00e9taux sont alors broy\u00e9s contre leur palais, recouvert d\u2019un tissu tr\u00e8s dur. Ils ont un diast\u00e8me (espace entre les dents labiales \u2013 incisives et canines \u2013 et jugales \u2013 pr\u00e9molaires et molaires). Leurs pr\u00e9molaires et molaires sont hypsodontes (\u00e0 croissance continue, avec une couronne haute) et s\u00e9l\u00e9nodontes (les cuspides \u2013 ce qui donne le relief \u00e0 la surface de la couronne \u2013 sont en forme de croissant de lune).  Leur formule dentaire est 0\/3 I 0-1\/1 C 3\/3 P 3\/3 M.<\/p>\n<p>Le rostre est tr\u00e8s long, ce qui permet une meilleure attache aux muscles masseter (muscles de la mastication). Leur cr\u00e2ne n\u2019a pas de cr\u00eate sagittale (celle dont je vous parle tout le temps avec les Carnivora, qui est la fusion des os pari\u00e9taux).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae04.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Les fines mandibules de l&#8217;hydropote avec un long diast\u00e8me entre dents labiales et jugales.<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae05.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>La d\u00e9fense du m\u00e2le hydropote, qui prend racine dans l&#8217;os maxillaire.<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae06.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Le bois de chevreuil.<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae07.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Bois de chevreuil en velours, et bois mort.<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae09.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Bois de cerf \u00e9laphe (Cervus elaphus).<\/em><\/p>\n<p>Le cerf \u00e9laphe est le plus grand <em>Cervidae<\/em> que l\u2019on trouve en France (120-150 cm au garrot, 80-300 kg). C&#8217;est une esp\u00e8ce chez qui le dimorphisme sexuel est assez marqu\u00e9, au niveau de la corpulence, de l\u2019encolure et du pelage (sans parler des bois). Ce bois fait seulement 55 cm (et 724g) et compte cinq pointes, mais les bois de cerf peuvent \u00eatre beaucoup plus imposants et avoir plus d\u2019une douzaine de pointes.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae11.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae12.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Bois de daim europ\u00e9en (Dama dama).<\/em><\/p>\n<p>Le daim europ\u00e9en est une grande esp\u00e8ce (85-110 cm au garrot, 25-80 kg) dont les bois sont imposants et palm\u00e9s (avec deux pointes avant la palme). Je ne les ai pas sous la main donc je vous ai mis d\u2019anciennes photos et je n\u2019ai ni la taille (de souvenirs, chaque bois fait entre 70 et 80 cm de long, avec une envergure entre les deux de plus d&#8217;un m\u00e8tre) ni le poids, mais le tout fait plusieurs kilogrammes.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/blog\/wp-content\/uploads\/o\/cervidae10.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<em>Bois de renne (Rangifer tarandus).<\/em><\/p>\n<p>Nous n\u2019en avons pas en France, mais voici un bois de renne (merci les puces !). Il est facilement diff\u00e9renciable du bois de cerf, car il ne part pas de fa\u00e7on rectiligne avec les pointes plut\u00f4t vers l\u2019arri\u00e8re&nbsp;; mais est plut\u00f4t arrondi, beaucoup plus fin, avec des pointes qui poussent en deux bouquets, l\u2019un \u00e0 l\u2019avant et l\u2019autre \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Les bois du m\u00e2le peuvent faire 120 cm de long et ceux de la femelle 50 cm. Et oui, le renne est la seule esp\u00e8ce de <em>Cervidae <\/em>dont la femelle est \u00e9galement pourvue de bois. Les miens sont petits (37cm) et ont une forme assez anarchique.<\/p>\n<p>Le renne est une grande esp\u00e8ce (105-120 cm au garrot, 40-150 kg) qu\u2019on retrouve en Russie,  Scandinavie et au nord de l\u2019Am\u00e9rique du Nord (et en \u00c9cosse sous sa forme domestiqu\u00e9e). C\u2019est une esp\u00e8ce domestiqu\u00e9e depuis environ 5000 ans, dont les troupeaux domestiques sont une importante ressource (viande, os, peau, graisse, transport, etc) pour les humains vivants dans les r\u00e9gions les plus froides du monde. Il poss\u00e8de des sabots tr\u00e8s imposants, en forme de croissant de lune, adapt\u00e9s au d\u00e9placement dans la neige et la boue (et qui lui permettent aussi de gratter pour trouver sa nourriture). Il a des poils longs et creux qui ne le g\u00eanent pas durant la natation, et sa queue est tr\u00e8s courte (aucune raison de perdre de l&#8217;\u00e9nergie \u00e0 irriguer une longue queue \u00e0 l&#8217;utilit\u00e9 r\u00e9duite quand il fait aussi froid).<\/p>\n<p>Il existe plein d\u2019autres esp\u00e8ces de <em>Cervidae<\/em>, certaines avec des particularit\u00e9s \u00e9tonnantes, comme l\u2019\u00e9lan (<em>Alces alces<\/em>) qui a les bois les plus imposants&nbsp;; le muntjac de Reeve (<em>Muntiacus reevesi<\/em>), petit <em>Cervidae<\/em> d\u2019Asie du Sud-Est avec de petits bois et de grandes canines&nbsp;; le pudu (<em>Pudu puda<\/em>), d\u2019Argentine et du Chili avec de minuscules bois r\u00e9duits \u00e0 l\u2019\u00e9tat de vestige, qui fait la taille d\u2019un li\u00e8vre, &#8230;<\/p>\n<p>Je voulais rapidement reparler des <em>Moschidae<\/em>, famille que j&#8217;ai mentionn\u00e9 en parlant des<em> Ruminantia<\/em> et des <em>Pecora. <\/em>C&#8217;est le clade le plus proche des <em>Cervidae<\/em>, et il \u00e9tait auparavant consid\u00e9r\u00e9 comme une sous-famille de ces derniers. Ce sont les <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Musk_deer\">cerfs porte-musc<\/a>, et dont les anc\u00eatres n&#8217;ont jamais vu apparaitre le caract\u00e8re des bois, ils sont donc plus &#8220;primitifs&#8221; que les <em>Cervidae<\/em>. Ils ont par contre une v\u00e9sicule biliaire (caract\u00e8re que les <em>Cervidae<\/em> ont perdu), des canines transform\u00e9es en d\u00e9fenses et des glandes abdominales s\u00e9cr\u00e9tant du musc chez les m\u00e2les. Au niveau du cr\u00e2ne, ils ressemblent donc beaucoup \u00e0 l&#8217;hydropote, m\u00eame s&#8217;il a tout de m\u00eame quelques diff\u00e9rences (le cr\u00e2ne de l&#8217;hydropote a des os frontaux plus concaves, des incisifs de forme diff\u00e9rente, etc).<\/p>\n<p><strong>Sources :<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2701142733\/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2701142733&amp;linkCode=as2&amp;tag=lafillrenn-21&amp;linkId=4WMPJYBS2MFGXX55\">Classification phylog\u00e9n\u00e9tique du vivant<\/a><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/ir-fr.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lafillrenn-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2701142733\" alt=\"\" style=\"border:none !important; margin:0 !important;\" border=\"0\" width=\"1\" height=\"1\" \/>, de Lecointre et Le Guyader<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2915173281\/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2915173281&amp;linkCode=as2&amp;tag=lafillrenn-21&amp;linkId=EVKY3NSI6N3I7V77\">Evolution<\/a><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/ir-fr.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lafillrenn-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2915173281\" alt=\"\" style=\"border:none !important; margin:0 !important;\" border=\"0\" width=\"1\" height=\"1\" \/>, de De Panafieu<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2603015052\/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2603015052&amp;linkCode=as2&amp;tag=lafillrenn-21&amp;linkId=RQMEZPJDXHBZC4TM\">Guide des mammif\u00e8res d&#8217;Europe, d&#8217;Afrique du Nord et du Moyen-Orient<\/a><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/ir-fr.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lafillrenn-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2603015052\" alt=\"\" style=\"border:none !important; margin:0 !important;\" border=\"0\" width=\"1\" height=\"1\" \/>, ed. Delachaux et Niestl\u00e9<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/0811733092\/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=0811733092&amp;linkCode=as2&amp;tag=lafillrenn-21&amp;linkId=SOEUIYFZNNDO4IA5\">Animal Skulls: A Guide to North American Species<\/a><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/ir-fr.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lafillrenn-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=0811733092\" alt=\"\" style=\"border:none !important; margin:0 !important;\" border=\"0\" width=\"1\" height=\"1\" \/>, de Elbroch<br \/>\n<a href=\"http:\/\/animaldiversity.org\/accounts\/Cervidae\/\">http:\/\/animaldiversity.org\/accounts\/Cervidae\/<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/tolweb.org\">http:\/\/tolweb.org<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/animaldiversity.org\/collections\/mammal_anatomy\/horns_and_antlers\/\">http:\/\/animaldiversity.org\/collections\/mammal_anatomy\/horns_and_antlers\/<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.lejdc.fr\/nievre\/actualite\/2014\/04\/13\/le-cerf-aux-bois-de-velours_1964519.html\">http:\/\/www.lejdc.fr\/nievre\/actualite\/2014\/04\/13\/le-cerf-aux-bois-de-velours_1964519.html<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.ultimateungulate.com\/\">http:\/\/www.ultimateungulate.com\/<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/bioweb.uwlax.edu\/bio203\/s2009\/nelson_lau4\/index.htm\">http:\/\/bioweb.uwlax.edu\/bio203\/s2009\/nelson_lau4\/index.htm<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd&#8217;hui, parlons des Cervidae (enfin), famille de mammif\u00e8res ruminants \u00e0 bois plus ou moins grands, dont le renne fait partie. Les Cervidae font partie de l&#8217;ordre des Cetartiodactyla. On peut encore voir ordre des Artiodactyla sur Wikipedia mais ce taxon est aujourd&#8217;hui d\u00e9suet&nbsp;: comme il est maintenant prouv\u00e9 \u00e0 partir d&#8217;analyses g\u00e9n\u00e9tiques que les Cetacea &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/667\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Cervidae&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/667"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=667"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/667\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=667"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=667"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lafillerenne.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=667"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}