Le Photax III est un appareil français qui a été produit de 1947 à 1951 à Vitry-sur-Seine par la Manufacture d'Isolants et d'Objets Moulés (oui tout de suite, ça sonne moins sexy que pour mes appareils russes). Je l'ai eu avec un lot d'appareils en brocante. Il m'a coûté 3 euros.

C'est un appareil où les possibilités de réglage sont faibles puisqu'on ne peut choisir pour l'ouverture qu'entre f/8 et f/11 et pour la vitesse, 1/100s, 1/25s ou pose longue. Il est donc fait pour une utilisation de pellicules à faible sensibilité (entre 50 et 125 ISO d'après ce que j'ai vu sur des forums). L'objectif est un Photax Boyer série VIII à ménisque avec une netteté entre 2.75m et l'infini. Il est en bakélite noir, le viseur n'est pas du tout pratique et il a un orifice pour trépied.

En plus de toutes ces caractéristiques il prend des pellicules 620 qui n'existent plus. C'est le même format de film que le 120, mais les bobines sont plus fines.



J'ai donc suivi le tutoriel très simple trouvé sur h0lg4.org et j'ai enlevé la petite pièce métallique sous la bobine émettrice pour pouvoir y mettre une bobine de 120. Puis j'ai chargé l'appareil avec une Kodak T-MAX 100 (ATTENTION GRAND MOMENT, PREMIÈRE TENTATIVE DE TOUTE MA VIE AVEC DU NOIR ET BLANC), et la suite a été dramatique.



Il se trouve que j'ai très peu utilisé de 120 auparavant et je ne sais pas trop comment sont faits les marquages sur les films pour voir l'avancement de la pellicule. Le Photax faisant des photos au format 9x6 au lieu du 6x6, on ne peut donc mettre sur une pellicule que 8 photos au lieu de 12, et je me suis dit que pour que les photos ne se superposent pas, il faudrait que j'en fasse une toutes les numéros et demi. J'ai commencé par louper le numéro 1 (facepalm), et puis après le numéro 8, c'était la fin du rouleau (facepalm 2) ... Je n'avais pas réfléchis au fait que tout était calibré pour que ça puisse fonctionner aussi bien dans des appareils qui font du 6x6, que du 9x6, etc. J'ai donc voulu repassé le rouleau dans l'autre sens (facepalm 3) car je n'avais fait que quatre photos, et j'ai réussi à faire une photo puis plier et coincer la pellicule à l'intérieur (facepalm 4).



Je ne me suis jamais autant loupé sur une pellicule, et si je l'avais simplement chargée en suivant les numéros, j'aurai huit photos et une pellicule en bon état. A noter également que l'obturateur a tendance à mal se refermer, ce qui veut dire que si je n'enlève pas rapidement le doigt, cela fait des poses très longues et donc des photos floues sans utilisation de trépied.

Sans plus attendre, voici les maigres résultats de cette première tentative. Ma première impression est que le 9x6 fait des négatifs très grands puisqu'ils font 8x5.5cm, la différence est saisissante par rapport à du 35mm. Et de ce fait, la qualité des scans est assez incroyable.



J'ai une double exposition sur la première, une pose trop longue sur la troisième, le film a été plié au milieu de la quatrième et la cinquième a pris la lumière. L'appareil donne un certain vignetage et une certaine déformation dus à l'objectif et laisse parfois des traits blancs horizontaux. Mais malgré tout cela, l'image est nette, l'objectif en verre n'est pas trop mauvais, le boitier est toujours étanche après plus de soixante ans. Je suis vraiment impatiente de le tester à nouveau, mais cette fois en couleurs et en faisant les choses bien.









Ça a été très étrange de découvrir des photos en noir et blanc car je ne suis vraiment pas habituée, et le combo Kodak T-Max 100 + Photax III me donne l'impression de voir de vieilles photos de vacances en Méditerranée des années 50. Il y a quelque chose d'incroyablement rétro dans ces photos

Je n'ai par contre pas encore d'avis sur la T-Max car je ne l'ai pas assez utilisée, mais je trouve qu'elle contraste beaucoup.

J'espère que cette petite review vous aura plu, j'attends vos avis !