J'ai trouvé au marché aux Puces 24 pellicules oubliées de la Seconde Guerre Mondiale (prises entre 1936 et 1945). Heureusement, le nom du photographe était avec : Maurice Jourtau, un médecin à Toulouse. Il était aussi soldat durant la Seconde Guerre Mondiale, maquisard et a gagné une médaille militaire après la guerre. J'ai scanné les pellicules et commencé le projet Lost Films. Chaque dimanche j'ai posté dans le blog les photos d'une pellicule.
Aujourd'hui cette partie du projet sur Jourtau est terminée, mais je continue chaque dimanche à poster une pellicule trouvée aux Puces, de n'importes quels lieux, n'importes quelles époques, n'importes quels photographes.

Vous pouvez lire l'introduction du projet ici et voir les précédentes pellicules .

Série Martin #1

Aujourd'hui je vous présente le début d'une grosse série, que j'ai décidé d'appeler simplement Série Martin. Il s'agit d'un lot de 283 négatifs que j'ai trouvé aux puces au printemps dernier (des négatifs 120mm noir et blanc en 6x6 ou 6x9 uniquement). Ils étaient répartis dans 21 pochettes ou tubes à négatif et le nom Martin était noté sur les pochettes. Les adresses des photographes qui les ont développés (elles sont notées sur les pochettes) étaient réparties entre Bourges (Cher) et Offenburg (Allemagne, lieu de vacances ?). Ces pellicules montrent trois générations de la même famille, avec beaucoup de portraits familiaux de la fin des années 40 à la fin des années 60 (environ). J'ai pu remettre pas mal de photos dans l'ordre chronologique selon l'âge des personnes : on a d'abord les deux parents qui sont jeunes et seuls. Ensuite un fils apparait, une grande partie de sa croissance est représentée et vers ces 5 ans le père n'est plus présent sur les photos. Le fils grandit, se marie, et a à son tour deux enfants (un fils et une fille - donc les petits-enfants).

Un des négatifs montre une tombe où il est écrit Victor Martin, s/ lieutenant, mort pour la France, Indochine. Comme vous le savez peut-être, les bases de données du gouvernement concernant les morts pour la France sont consultables sur internet librement, et j'ai pu trouver ces informations :



L'année de décès de Victor Martin correspond à la période à partir de laquelle il n'apparait plus sur les négatifs. Tous ces indices qui restent cohérents entre eux me font penser qu'il est tout de même assez probable qu'il s'agisse de l'identité du père de famille, qui serait donc militaire. S'il est décédé lorsque son fils avait environ 5 ans, ce dernier serait né à la fin des années 40. Une autre tombe sur le négatif en question laisse penser qu'une petite sœur née au début des années 50 serait morte dans sa petite enfance.

Voilà, je n'en ai pas appris tellement plus. Je vous montrerai quinze photos de cette série par post, dans un ordre pas forcément chronologique (mais plutôt par ordre de pochettes traitées) ; et j'ai décidé de ne montrer qu'un tiers du lot car beaucoup de négatifs sont flous ou pourvus d'une mauvaise mise au point. J'espère que cette petite série de négatifs trouvés aux puces vous plaira.


Sur le bâtiment on peut lire Annexe Dauger? Dépôt 52 des prisonniers de guerre de l'Axe. Il s'agit du dépôt 52 de Bourges, qui renfermait 5400 prisonniers allemands de la Seconde Guerre Mondiale.


Des prisonniers dans le dépôt.




Voici la mère et le père. La barrette correspond au grade de sous-lieutenant sur l'épaule du père.


Une mandoline !




















On peut voir ici un pressoir à raisin, pour faire le vin.

Si vous avez d'autres informations sur ces photos à propos d'éléments que je n'aurai su analyser, que vous reconnaissez des lieux ou des personnes, n'hésitez pas à réagir dans les commentaires !
Et vous pouvez toujours retrouver le Tumblr du projet ici et vous abonner pour suivre les mises à jours hebdomadaires.
La suite dimanche prochain !