Projet Lost Films #17

J’ai trouvé au marché aux Puces 24 pellicules oubliées de la Seconde Guerre Mondiale. Heureusement, le nom du photographe était avec : Maurice Jourtau, un médecin à Toulouse. Il était aussi soldat durant la Seconde Guerre Mondiale, maquisard et a gagné une médaille militaire après la guerre.
J’ai scanné les pellicules et commencé le projet Lost Films.

Chaque dimanche, je posterai dans le blog les photos d’une pellicule. Les photographies ont été prises entre 1936 et 1945. Il y a beaucoup de photos de la guerre et des photos des vacances de Jourtau avant celle-ci.
Vous pouvez lire l’introduction du projet avec mes recherches ici.
Pellicule #01Pellicule #02Pellicule #03Pellicule #04Pellicule #05Pellicule #06Pellicule #07Pellicule #08Pellicule #09Pellicule #10Pellicule #11Pellicule #12Pellicule #13Pellicule #14Pellicule #15

Pellicule #16

Pellicule : Agfa Isopan F 135mm
Tube : Agfa Isopan F
Inscription : Bois Noir

Ces photos ont été prises dans le Bois Noir, forêt du Queyras (Hautes-Alpes), proche de la frontière avec l’Italie, au début de l’année 1940 je pense, puisqu’elles semblent avoir été prises à la même période que celles des pellicules précédentes, qui étaient bien datées. C’est vraiment VRAIMENT ma pellicule préférée de tout ce lot, et vous allez vite voir pourquoi.


Les soldats construisant des abris plus ou moins cachés (?).


Les travaux ont bien avancé.


On retrouve notre homme, qui est probablement Jourtau (le second, en marcel).


UN SELFEET ! On est en plein dans ce qui pourrait être un cliché actuel (une photo Instagram comme diraient certains – AnnSo, je t’imagine déjà délirer là-dessus). La chaussure et la chaussette correspondent à ce que porte l’homme que j’ai désigné sur la photo précédente.


Première fois que l’on voit de près l’insigne sur les bérets des soldats alpins. Sur le plus grand scan que j’ai pu faire, on voit qu’il s’agit de l’insigne réglementaire de béret de la Ligne Maginot. Est-ce qu’il était porté par des régiments en particulier ? Il l’était par les soldats stationnés le long de la Ligne Maginot si je comprends bien (la ligne Maginot au sens large, avec les lignes de surveillance et défense qui descendaient le long de l’Italie jusqu’à la Méditerranée).


Des postes d’observation.


On retrouve la gourde à double goulot. Malheureusement, encore une fois, je n’arrive pas à assez bien voir les insignes des cols et des bérets pour les identifier.


Voilà, mes deux photos préférées des 1000 scannées. Avec des SOLDATS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE QUI TIENNENT DES BÉBÉS CHOUETTES. Et en plus c’est mon supposé Jourtau à droite, toujours avec sa pipe (je crois que c’est d’ailleurs le seul à fumer la pipe sur toutes les photos – et on reconnait bien ses chaussures du selfeet). Ils ont dû tomber sur un nid dans le Bois Noir, et voilà, ça donne des photos que je trouve juste extraordinaires.

Plus sérieusement, je n’étais pas sûre qu’il s’agisse de chouettes, donc j’ai recoupé les répartitions géographiques des espèces de Strigiformes (rapaces nocturnes) avec des photos ou illustrations de juvéniles, et il semble que ce soit des petits de hibou moyen-duc (Asio otus).

Sinon, concernant l’homme de gauche, c’est la première fois que l’on voit dans cette série un soldat avec un pistolet dans son holster. Sur sa veste, l’insigne avec les trois barrettes correspondent au grade de capitaine. Au col, il porte le numéro du 92° Bataillon alpin de forteresse (?). Et son casque Adrian porte la grenade enflammée, symbole de l’infanterie. Quand au présumé Jourtau, il porte juste son casque à l’envers.

C’est réellement mon cliché préféré du projet.


Des petits hiboux moyen-duc. (Source : Pixdaus)


Magique Jourtau. MAGIQUE JOURTAU. Qui porte un anneau à son auriculaire gauche.


Hissement de drapeau français et soldats au garde à vous avec le fusil sur l’épaule.


De vrais cors de chasse. Je n’ai pas vraiment trouvé d’informations sur son utilisation durant la Seconde Guerre Mondiale, s’il était utilisé dans les RIA, BCA, ou autre. C’était le symbole des Bataillons de Chasseurs Alpins durant la Première Guerre Mondiale.

On voit bien le pistolet rangé dans son holster sur l’homme de gauche. Ils portent des chapeaux qui s’apparentent au chapeau tyrolien, qui faisait partie de l’uniforme des alpinis (les soldats italiens que les français ont combattu durant la bataille des Alpes en juin 1940, spécialisés dans le combat en zone alpine). Ce couvre-chef était gris, avec sur le devant un écusson surmonté d’un aigle et une plume de corbeau sur le côté gauche. On distingue l’aigle sur le couvre-chef de gauche, et la plume sur celui de droite.

alpini
Chapeau d’alpin sapeur récent (Source : wikipedia)


Je pense qu’ils ont joué les uns après les autres avec.


Des pylônes électriques ! (Je n’ai aucune idée de quand ils ont fait leur apparition.)


L’homme de gauche porte l’insigne de la Ligne Maginot sur le béret et le 92 (du 92° BAF ?) au col. L’homme du milieu, barbu, est présent sur la 25ème photo de la pellicule 14 et porte une grosse chevalière à la main gauche. A droite, contre le camion, le soldat mange dans la gamelle rectangulaire réglementaire, et porte ses plaques d’identification sur le poignet droit.


L’homme devant porte également l’insigne de la Ligne Maginot sur le béret.

J’espère vraiment vraiment que cette pellicule vous aura plus, entre la diversité, la montagne, les militaires, le fait qu’on en apprend un peu plus sur le régiment de certains de ces hommes, leurs constructions en système D dans les Bois Noirs et surtout les hiboux !

Si vous avez d’autres informations sur ces photos à propos d’éléments que je n’aurai su analyser, que vous reconnaissez des lieux ou des personnes, n’hésitez pas à réagir dans les commentaires !
Et vous pouvez toujours retrouver le Tumblr du projet ici et vous abonner pour suivre les mises à jours hebdomadaires.
La suite dimanche prochain !

7 réponses sur “Projet Lost Films #17”

  1. Je prend le projet en cours, c’est super
    certaines pourraient être un peu montée en contraste ou photoshopisée pour améliorer un peu la qualité sans trahir l’intention, je fais suivre le liens à des habitant des montagnes au dessus de Gap ++
    bon courage pour tout ces scans Titep

  2. Magnifique pellicule. vraiment chanceuse d’avoir trouvé ce lot^^

    Le selffeet est juste énorme ( puis on découvre enfin ce fameux Maurice même si les pronostic était deja présent) . j’aime beaucoup celle ou les hommes se servent de la soupe dans les bois, le petit rayon de soleil apporte quelque chose de vraiment intéressant .

    je te remercie également du lien a propos de l’instamatic c’est adorable 🙂

    rdv dimanche pro

  3. titep > C’est déjà le cas, j’ai fait au maximum sans trop dénaturer les scans. Ça fait d’ailleurs longtemps qu’ils sont fait, mais merci quand même.

    teaTime > Ça fait longtemps que j’ai cette hypothèse, mais je ne pourrai sans doute jamais savoir si c’est réellement lui. Pas de soucis !

  4. Bonsoir,
    je viens de tomber sur votre page en faisant des recherches histoirique et je suis éblouie par vos photos qui sont en tout point inédite, j’en connais énormément d’endroit.
    Pour ce qui est du régiment vous n’êtes pas loin mais ce n’est pas ça, il s’agit du 92éme Bataillon Alpin de Forteresse, dont le cantonnement et à Château-Queyras pour faire simple.
    Je possède certains cliché également inédit de ce bataillon et mis intéresse de près habitant proche de ce secteur.
    je vous félicite de la sauvegarde de ces clichés.

  5. La plupart des photographies sont prises au hameau de Meyriès, dans la commune de Château-Ville Vieille. Le village est perché à l’adret de la vallée et domine Ville-Vieille, qu’on aperçoit en bas à gauche de la 4ème photo représentant la chapelle. Ce hameau et un autre, très proche sont situés au dessous du « Bois Noir », On jouit depuis cet endroit d’une vue très dégagée sur la vallée du Guil et celle de l’Eygue Blanche (photo 15), qui se rejoignent à Ville-Vieille et qui toutes deux conduisent en Italie. Tout ce secteur fut truffé de défenses en 1939-40. Les clichés représentant les chasseurs marchant sur la route (27 à 30) sont pris dans les gorges du Guil au niveau du monuments aux morts de 1914 18, puis à la « Maison du Roy » et dans le passage où sont les tunnels. les chasseurs descendent vers Guillestre.

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