Bilan 2025

C’est le moment du bilan 2025… je pense que l’on peut parler d’une année sucrée/amère : j’ai travaillé sur des projets fous, qui font beaucoup sens pour moi et qui en ont aussi d’un point de vue politique. Ça m’a aussi permis·e de voyager dans le nord, ma happy place. Et pourtant, tout est auto-produit, auto-financé, auto-trainé à la force de mes muscles qui faiblissent. La clientèle qui me permet(tait) de vivre de mon travail fond à mesure que le pouvoir d’achat s’écrase, je ne me démarque pas non plus assez pour rentrer dans des milieux plus institutionnels (et c’est un travail de candidature colossal que je fais de moins en moins vu l’état de la compétitivité) et je n’en peux plus de penser à l’argent 24/24. Il va falloir prendre une autre direction : le salariat pour vivre et on verra s’il reste de la place pour autre chose.
C’est encore janvier, je regarde l’état du monde et j’ai déjà envie d’abandonner 2026.

✴ Côte photographie, j’ai continué à travailler sur des projets sur l’écologie et les liens entre animaux et cultures côtières dans le nord de l’Europe (Chasing Whales, Melting North, Arctic Circle et des recherches pour de futurs projets). J’ai pu partir un mois en résidence dans les îles Féroé pour cela (et pour un film), c’était incroyable. J’ai passé des semaines isolé·e dans un village au bord de mer dans le nord du pays à voir des fulmars boréals et des restes de globicéphales et c’est clairement ma vie rêvée. J’ai beaucoup photographié, filmé, j’ai monté une petite exposition et le froid et le sel m’ont nourri·e. J’ai pu aussi travailler en la Norvège, l’Ecosse, l’Angleterre, l’Irlande et l’Irlande du Nord. Maintenant j’aimerai pouvoir aller travailler un peu en Islande, au Groenland et au Svalbard.
J’ai pu publier mon livre « Entre Highlands & Orcades », financé de justesse grâce à une autre campagne de financement participative. Je ne suis pas sur·e d’en faire d’autres dans l’immédiat, vu le peu d’engagement trouvé sur cette campagne. Mon travail a aussi été publié dans un ouvrage collectif (Photodarium) et quelques zines. Une série de photos sur les transmasculinités a été exposée deux fois, à l’Hôtel de ville de Lyon (merci SOS homophobie) et au Boskop.

Résidence aux Féroé
Féroé
Féroé
Féroé
Féroé, le film
Irlande
Irlande
Irlande
Irlande du Nord
Grimstad, Norvège
Edinburgh, Ecosse
Norfolk, Angleterre
Entre Highlands & Orcades

✴ Côté cinéma, mon premier film solo « Chasing Whales » a commencé sa vie en festivals : après une première mondiale au Norwegian Short Film Festival en Norvège, il a été projeté dans 15 festivals et gagné un prix. J’ai pu l’accompagner en Norvège et en Ecosse (Norwegian Short Film Festival et Montrose LandxSea Film Festival). J’ai donc tourné un film dans la continuité de celui-ci durant ma résidence dans les Féroé, qui est toujours en production. Il parle d’espèces disparues, dont le grand pingouin. J’ai également tourné des images pour un futur projet en Irlande et Irlande du Nord.
« Nos Fins Joyeuses », co-réalisé avec Levon Babayan a aussi commencé sa vie en festivals cet hiver : il a voyagé dans 20 festivals partout dans le monde et on a sorti un livre du même titre pour le financer. On a pu le présenter deux fois à Lyon, notamment dans une soirée « Queer Métrages » que l’on a monté de A à Z avec Levon (encore merci au Boskop).
Nos courts-métrages réalisés avec Laure Giappiconi et Elisa Monteil ont été projetés dans 29 festivals à travers le monde, c’est toujours aussi fou. Nous avons pu présenter notre travail au festival Les Nuits Photo lors d’une carte blanche, qui a été l’occasion de présenter en avant-première notre nouveau film « Echelle de la noyade ». Je vous en reparle vite.
C’est difficile de continuer en auto-production et auto-diffusion. J’aurai aimé plus accompagner les films en festivals mais je manque de moyens et les festivals en ont aussi de moins en moins pour nous inviter.
J’ai aussi rejoint le collectif Est-ce que tu réalises ? qui a vocation à diffuser et pousser à la réalisation de cinéma politique et cet espace me fait du bien.

Extrait de Chasing Whales
Norwegian Short Film Festival
Norwegian Short Film Festival
Montrose LandxSea Film Festival
Montrose LandxSea Film Festival
Tournage dans les Féroé
Tournage en Irlande
Extrait de Nos Fins Joyeuses
Soirée Queer Métrage au Boskop
Présentation de Nos Fins Joyeuses à l’Aquarium Ciné Café
Livre Nos Fins Joyeuses
Extrait de Echelle de la Noyade
Les Nuits Photo

✴ Côté écriture, il y a donc eu la sortie du livre « Entre Highlands & Orcades », l’avancée du prochain ouvrage (un truc sur les baleines), plein de textes inachevés et beaucoup d’écriture et de recherches en écologie et archéozoologie pour les prochains films et projets photographiques. J’ai donc encore passé une année à lire/voir/écrire sur l’Arctique, les liens aux cétacés, aux phoques, au grand pingouin, etc.

Féroé

Côté tatouage, après la fermeture de mon précédent atelier, j’ai intégré la chouette équipe de l’atelier Super Super sur Lyon et j’ai fais quelques guests dans d’autres villes. On est même parti·e à Norwich en Angleterre chez Spooky Valentine avec Levon. J’ai fait plein de pièces que j’adore sur les sciences naturelles. J’ai encore moins encré de tatouages que les années précédentes par baisse de demande, j’ai peu trouvé l’espace de dessiner et je n’ai pas fini ma liste du #biologinktober.
J’ai produits quelques créations à côté (stickers notamment), j’ai fait des marchés de créateurices et j’aimerai bien tester la linogravure. J’ai très peu dessiné et je me suis complètement découragé·e des réseaux sociaux.

Pour finir, un gros gros merci à mes proches et collègues pour leur soutien et le serrage de coudes.
Un autre à vous, qui m’avez permis-e de tenir un peu plus longtemps, en aimant et en partageant mon travail, en achetant mes créations et en bookant pour des tatouages.
💜❄️

Bilan 2024

2024 c’est terminé, donc c’est le moment du traditionnel bilan ✨.
Le monde et la vie, c’est compliqué, alors c’est important de prendre le temps parfois de se poser et de faire un état de lieux d’où on en est. En tout cas, cela me permet de voir le positif, voir ce qu’il y a améliorer, être fier·e et me rassurer aussi dans mes choix et mes prises de risques professionnels.
Beaucoup de belles choses en 2024, en jonglant toujours entre différents médiums mais je ressens que tout trouve sa place. Cela me fait du bien de prendre confiance et de puiser davantage dans mes ressources en écologie et archéozoologie pour nourrir tout ça. C’est vraiment important pour moi de garder le lien avec ces disciplines, que ce soit dans la photographie, la réalisation de films, le tatouage, l’écriture ou même d’autres formes de créations.
Je suis fier·e des projets sur lesquels j’ai travaillé, mais comme chaque année, la stabilité financière n’est pas atteinte. C’est le grand point négatif de mon bilan. Les client·e·s et financements sont difficiles à trouver et la question d’un travail alimentaire se pose de plus en plus, mais je continue à pousser. J’ai d’ailleurs une grosse pensée pour tous·tes mes collègues qui ont dû stopper ou ralentir leur travail artistique cette année pour un emploi salarié.

✴ Côte photographie, comme l’année précédente, mes projets féministes restent en pause par manque de financements. Je continue des projets plus en lien avec l’écologie qui sont visibles sur mon site : Arctic CircleChasing Whales, Melting North ou encore Scottish Diary. J’ai notamment travaillé sur ces projets dans les Hébrides et à Glasgow cette année.
J’ai enfin pu publier mon livre « De Senja aux Lofoten » grâce à une autre campagne de financement participative. Cela a aussi été l’occasion de produire plein de créations autour de la Norvège pour pimenter la campagne, comme un pin’s géant avec un squelette de phoque. Votre accueil a été une belle surprise et je prépare actuellement la campagne pour le livre suivant.
Mon travail a aussi été publié dans quelques ouvrages collectifs (Lusted Men, Photodarium, Optiko). J’ai aussi été invité·e à une table ronde sur l’art et les luttes par le festival Intérieur Queer et le Café Rosa. Je me suis aussi enfin motivé·e à mettre tous mes tirages d’archives en vente sur mon site.

Les Hébrides Extérieures – Chasing Whales
Les Hébrides Extérieures – Melting North
De Senja aux Lofoten
Les Hébrides Extérieures – Scottish Diary
Les Hébrides Intérieures – Scottish Diary
Mes archives en vente
Les Hébrides Extérieures – Scottish Diary
Glasgow – Scottish Diary

✴ Côté cinéma, j’ai terminé de produire mon premier film solo « Chasing Whales », dont j’attends les premières dates en festivals pour vous en parler en détails. C’est le premier projet où je sors complètement de l’intime pour parler d’écologie (et d’archéozoologie). Depuis, ça bouillonne d’idées et d’envies de ce côté-là.
Nos courts-métrages réalisés avec Laure Giappiconi et Elisa Monteil ont été projetés dans 22 festivals en Europe, Amérique du Nord et Asie, avec des sélections assez folles comme au London Short Film Festival ou encore à Go Short. Je suis toujours très reconnaissant·e de leur parcours. Je n’ai fait qu’un seul festival cette année, mais pas des moindres : j’ai pu présenter un de nos films au brillant festival Filministes à Montréal, accompagné·e par Rose Farfadet. Cela a été un des meilleurs moments de mon année. Et nous avons toujours un film en production à vous faire découvrir bientôt.
Avec Lucie Babayan nous avons commencé à travailler sur un projet sur son histoire et j’ai aussi hâte d’en parler plus.
J’ai également tourné les images d’un court de Romy Alizée pour Act Up-Paris.

Hébrides Extérieures – sur le tournage de Chasing Whales
Montréal
Aux Filministes avec Rose Farfadet
Travaux en cours avec Lucie Babayan
Rose Walls, sur le set de “Princesse TPE”, réalisé par Romy Alizée

Côté tatouage, en plus du shop Encre & Cendre où je travaille à Lyon, j’ai fait pas mal de guests et j’ai notamment découvert des belles équipes chez Les Filles du Calvaire, La Salière ou encore L’Hydre.
J’ai tatoué plusieurs grandes pièces de squelettes éclatés et de membres avec des patchworks de sciences naturelles. C’était génial, je souhaite faire plus de pièces comme cela. J’ai malheureusement encré moins de tatouages que l’an passé par baisse de demande et je traine à finir ma liste du #biologinktober.
J’ai continué à produire plein de créations à côté (pins, stickers, prints), avec notamment toutes une collection sur les Féroé et j’adore faire ça. J’ai même réalisé avec succès une campagne de financement participative pour des pins queer, qui m’a permis·e de faire un don à SOS homophobie.

✴ Côté écriture, il y a donc eu la sortie du livre « De Senja aux Lofoten », l’avancée du prochain ouvrage, plein de textes inachevés et beaucoup d’écriture et de recherches pour le film « Chasing Whales ». J’ai donc passé l’année à lire/voir/écrire sur l’Arctique et les différents modes de chasses de cétacés, et ce n’était pas si pire.

Pour finir, un gros gros merci à mes proches et collègues pour leur soutien et le serrage de coudes.
Un autre à vous, qui m’avez permis·e d’être artiste à temps plein une année de plus, en aimant et en partageant mon travail, en achetant mes créations et en bookant pour des tatouages.
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Pins ciels queer

Durant le mois des fiertés, j’ai lancé une campagne participative pour une collection de pins ciels queer sur Ulule.
Il y a dix modèles (+ un mystère) à débloquer au fur et à mesure de la campagne. Il ne reste malheureusement que quelques jours pour la financer, mais c’est l’occasion de la présenter ici.

“Ciels queer” est donc une collection de pins aussi bien esthétiques que politiques, mettant en avant les couleurs de minorités LGBTQIA+ en reprenant mon design d’aurore boréale. Ainsi, ils permettent de porter et visibiliser fièrement les couleurs qui nous représentent, mais d’une façon stylisée. Et dans le contexte délétère actuel, il est vital que nous puissions célébrer nos identités de multiples façons.

Pour chaque pin’s commandé durant la campagne, 10% sera reversé à l’association SOS homophobie, qui réalise actuellement un travail de prévention et de défense de nos droits indispensable, notamment face aux attaques transphobes de ces derniers mois.